MES ENFANTS, VOTRE DIEU de JUSTICE vous INFORME de vos DROITS EN ÉGLISE concernant l’EUCHARISTIE

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INSTRUCTION REDEMPTIONIS SACRAMENTUM

CHAP IV: LA SAINTE COMMUNION art 90-91-92

 art: 90 – «Les fidèles communient à GENOUX ou debout,

selon ce qu’aura établi la Conférence des Évêques», avec la confirmation du Siège Apostolique.

«Toutefois, quand ils communient debout, il est recommandé qu’avant de recevoir le Sacrement ils fassent le geste de respect qui lui est dû, que la Conférence des Évêques aura établi».[176]

REDEMPTIONIS Sacramentum (3)

art 91 Au sujet de la distribution de la sainte Communion, il faut se rappeler que «les ministres sacrés ne peuvent refuser les sacrements aux personnes qui les leur demandent opportunément, sont dûment disposées et ne sont pas empêchées par le droit de les recevoir».[177]

Ainsi, tout baptisé catholique, qui n’est pas empêché par le droit, doit être admis à recevoir la sainte Communion.

Par conséquent, il n’est PAS  licite de refuser la sainte Communion à

un fidèle

pour la simple raison, par exemple, qu’il désire recevoir l’Eucharistie à GENOUX  ou debout.

 

art 92 – Tout fidèle a toujours le droit de recevoir, selon son CHOIX ,la sainte communion DANS LA BOUCHE.[178] 

Si un communiant désire recevoir le Sacrement dans la main, dans les régions où la Conférence des Évêques le permet, avec la confirmation du Siège Apostolique, on peut lui donner la sainte hostie.

Cependant, il faut veiller attentivement dans ce cas à ce que l’hostie soit consommée aussitôt par le communiant devant le ministre, pour que personne ne s’éloigne avec les espèces eucharistiques dans la main. S’il y a un risque de profanation, la sainte Communion ne doit pas être donnée dans la main des fidèles.[179]

 

SOURCE (lien CI-BAS ou texte suivant)

http://www.vatican.va/roman_curia/congregations/ccdds/documents/rc_con_ccdds_doc_20040423_redemptionis-sacramentum_fr.html

 lire en texte jusqu’au chapitre  iv article 96

CONGRÉGATION POUR LE CULTE DIVIN
ET LA DISCIPLINE DES SACREMENTS

INSTRUCTION

Redemptionis Sacramentum

sur certaines choses à observer et à éviter
concernant la très sainte Eucharistie

SOMMAIRE

Préambule [1-13]

Chapitre I

Le gouvernement de la sainte Liturgie [14-18]

1. L’Évêque diocésain, grand prêtre de son troupeau [19-25]
2. La Conférence des Évêques [26-28]
3. Les Prêtres [29-33]
4. Les Diacres [34-35]

Chapitre II

La participation des fidèles laïcs à la célébration de l’Eucharistie

1. Une participation active et consciente [36-42]
2. Les fonctions des fidèles laïcs dans la célébration de la sainte Messe [43-47]

Chapitre III

La célébration correcte de la sainte Messe

1. La matière de la très sainte Eucharistie [48-50]
2. La Prière eucharistique [51-56]
3. Les autres parties de la Messe [57-74]
4. L’union des divers rites avec la célébration de la Messe [75-79]

Chapitre IV

La sainte communion

1. Les dispositions pour recevoir la sainte Communion [80-87]
2. La distribution de la sainte Communion [88-96]
3. La Communion des Prêtres [97-99]
4. La Communion sous les deux espèces [100-107]

Chapitre V

Quelques autres considérations concernant l’Eucharistie

1. Le lieu de la célébration de la sainte Messe [108-109]
2. Diverses dispositions concernant la sainte Messe [110-116]
3. Les vases sacrés [117-120]
4. Les vêtements liturgiques [121-128]

Chapitre VI

La sainte réserve eucharistique
et le culte de la très sainte Eucharistie en dehors de la Messe

1. La sainte réserve eucharistique [129-133]
2. Quelques formes du culte de la très sainte Eucharistie en dehors de la Messe [134-141]
3. Les processions et les congrès eucharistiques [142-145]

Chapitre VII

Les fonctions extraordinaires des fidèles laïcs [146-153]

1. Le ministre extraordinaire de la sainte Communion [154-160]
2. La prédication [161]
3. Les célébrations particulières en l’absence de prêtre [162-167]
4. Les clercs renvoyés de l’état clérical [168]

Chapitre VIII

Les remèdes [169-171]

1. Les graviora delicta [172]
2. Les matières graves [173]
3. Les autres abus [174-175]
4. L’Évêque diocésain [176-180]
5. Le Siège Apostolique [181-182]
6. Les plaintes concernant les abus liturgiques [183-184]

Conclusion [185-186]


PRÉAMBULE

– 1 – Dans la très sainte Eucharistie, la Mère Église croit fermement et accueille avec joie, célèbre et adore le SACREMENT DE LA RÉDEMPTION,[1] en annonçant la mort de Jésus-Christ et en proclamant sa résurrection, jusqu’à ce qu’il vienne dans la gloire,[2] comme Seigneur et Maître invincible, Prêtre éternel et Roi de l’univers, pour remettre entre les mains de la souveraine puissance du Père, le règne de la vérité et de la vie.[3]

– 2 – La très sainte Eucharistie, en qui est contenu l’ensemble des biens spirituels de l’Église, à savoir le Christ lui-même, notre Pâque,[4] est la source et le sommet de toute la vie chrétienne;[5]son influence est déterminante depuis les origines mêmes de l’Église.[6] La doctrine de l’Église au sujet de la très sainte Eucharistie a été exposée avec une sollicitude vigilante et une grande autorité, au long des siècles, dans les documents des Conciles et des Souverains Pontifes. De plus, très récemment, dans la Lettre Encyclique Ecclesia de Eucharistiale Souverain Pontife Jean-Paul II a exposé de nouveau, pour la situation ecclésiale de notre temps, certains éléments de grande importance sur ce même sujet.[7]

Afin que, aujourd’hui aussi, l’Église veille, comme il se doit, sur un si grand mystère, spécialement dans la célébration de la sainte Liturgie, le Souverain Pontife a ordonné à cette Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements,[8] en collaboration avec la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, de préparer la présente Instruction, dans laquelle seraient traitées certaines questions se rapportant à la discipline du Sacrement de l’Eucharistie. Par conséquent, les différents points contenus dans cette Instruction doivent être lus dans la continuité avec la Lettre EncycliqueEcclesia de Eucharistia précitée.

Toutefois, le but de l’Instruction n’est pas tant de présenter l’ensemble des normes relatives à la très sainte Eucharistie, que de reprendre plutôt certains éléments contenus dans les normes liturgiques antérieurement exposées et établies, qui continuent à être valides, afin de renforcer le sens profond des normes liturgiques[9], et aussi d’en indiquer d’autres, qui explicitent et complètent les précédents, en les expliquant non seulement aux Évêques, mais aussi aux prêtres, aux diacres et à tous les fidèles laïcs, afin que chacun les mette en pratique dans sa propre fonction et selon ses propres possibilités.

– 3 – Les normes, qui sont contenues dans la présente Instruction, se réfèrent à des questions liturgiques, qui concernent la liturgie du Rite romain et, avec les variations opportunes, les autres Rites de l’Église latine reconnus par le droit.

– 4 – «Il n’y a pas de doute que la réforme liturgique du Concile a produit de grands bénéfices de participation plus consciente, plus active et plus fructueuse des fidèles au saint Sacrifice de l’autel».[10] Cependant, «les ombres ne manquent pas».[11] Ainsi, on ne peut passer sous silence les abus, même très graves, contre la nature de la Liturgie et des sacrements, et aussi contre la tradition et l’autorité de l’Église, qui, à notre époque, affligent fréquemment les célébrations liturgiques dans tel ou tel milieu ecclésial. Dans certains lieux, le fait de commettre des abus dans le domaine liturgique est même devenu un usage habituel; il est évident que telles attitudes ne peuvent être admises et qu’elles doivent cesser.

– 5 – L’observance des normes, qui émanent de l’autorité de l’Église, exige la conformité de l’esprit et de la parole, de l’attitude extérieure et des dispositions intérieures. Il est évident aussi qu’une observance purement extérieure des normes est contraire à la nature même de la sainte Liturgie, voulue par le Christ Seigneur pour rassembler son Eglise, afin que celle-ci forme avec lui «un seul corps et un seul esprit»[12] C’est pourquoi l’attitude extérieure doit être éclairée par la foi et la charité, qui nous unissent au Christ et les uns aux autres, et suscitent en nous l’amour envers les pauvres et les affligés. Les paroles et les rites de la Liturgie constituent aussi l’expression fidèle, mûrie au long des siècles, des sentiments du Christ, et ils nous apprennent à avoir les mêmes sentiments que les siens;[13] en conformant notre esprit à ces paroles, nous élevons nos cœurs vers le Seigneur. Ainsi, tout ce qui est dit dans cette Instruction a pour but de susciter une telle conformité de nos sentiments avec ceux du Christ, qui sont exprimés dans les paroles et les rites de la Liturgie.

– 6 – En effet, de tels abus «contribuent à obscurcir la foi droite et la doctrine catholique concernant cet admirable Sacrement».[14] Ils empêchent aussi «les fidèles de revivre en quelque sorte l’expérience des deux disciples d’Emmaüs: “leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent”».[15] En présence de la puissance éternelle de Dieu et de sa divinité,[16] ainsi que du rayonnement de sa bonté, qui sont manifestées d’une manière particulière dans le Sacrement de l’Eucharistie, il faut que tous les fidèles possèdent et manifestent ce sens de la majesté de Dieu, qui apparaît en pleine lumière dans la passion rédemptrice de son Fils Unique.[17]

– 7 – Il n’est pas rare que les abus s’enracinent dans une fausse conception de la liberté. Cependant, Dieu ne nous accorde pas dans le Christ cette liberté illusoire, qui consiste à faire ce que nous voulons, mais la liberté qui nous permet de faire ce qui est digne et juste.[18] En vérité, ce principe ne vaut pas seulement pour les préceptes qui proviennent directement de Dieu, mais aussi, en considérant comme il convient le caractère de chaque norme, pour les lois promulguées par l’Église. Ainsi, tous ont l’obligation de se conformer aux dispositions, qui sont établies par l’autorité ecclésiastique légitime.

– 8 – Ensuite, on note avec une grande tristesse l’existence «d’initiatives œcuméniques qui, bien que suscitées par une intention généreuse, se laissent aller à des pratiques eucharistiques contraires à la discipline dans laquelle l’Église exprime sa foi». Toutefois, le don de l’Eucharistie «est trop grand pour pouvoir supporter des ambiguïtés et des réductions». Il convient donc de corriger et de définir d’une manière plus précise certains éléments, afin que, même dans ce domaine, «l’Eucharistie continue à resplendir dans toute la magnificence de son mystère».[19]

– 9 – Enfin, les abus trouvent très souvent un fondement dans l’ignorance, puisqu’on rejette généralement ce dont on ne perçoit pas le sens plus profond, et dont on ne connaît pas l’ancienneté. Or, c’est fondamentalement de la sainte Écriture elle-même, «sous son inspiration et dans son élan que les prières, les oraisons et les hymnes liturgiques ont jailli, et c’est d’elle que les actions et les symboles reçoivent leur signification».[20] De plus, «le Christ ou l’Église ont choisi les signes visibles employés par la Liturgie pour signifier les réalités divines invisibles».[21] Enfin, dans la tradition de chaque Rite tant de l’Orient que de l’Occident, les structures et les formes des célébrations sacrées s’accordent avec l’Église universelle, en ce qui concerne aussi les usages reçus universellement de la tradition apostolique ininterrompue,[22] qui doivent être transmis fidèlement et avec soin par l’Église aux générations futures. Tous ces éléments doivent être conservés avec sagesse et protégés par les normes liturgiques.

– 10 – L’Église elle-même n’a aucun pouvoir sur ce que le Christ a institué et qui constitue la partie immuable de la Liturgie.[23] De fait, si on rompt le lien entre les sacrements et le Christ lui-même, qui les a institués, et si on ne les relie pas aux événements fondateurs de l’Église,[24] une telle option n’apporte rien de bon aux fidèles, mais elle leur fait subir au contraire de graves dommages. En effet, la sainte Liturgie est intimement liée aux principes doctrinaux;[25] aussi, l’usage de textes et de rites, qui ne sont pas approuvés, a pour conséquence que le lien nécessaire entre la lex orandi et la lex credendi s’affaiblit ou vient à manquer.[26]

– 11 – Le Mystère de l’Eucharistie est trop grand «pour que quelqu’un puisse se permettre de le traiter à sa guise, en ne respectant ni son caractère sacré, ni sa dimension universelle».[27] Au contraire, quiconque se comporte de cette manière, en préférant suivre ses inclinations personnelles, même s’il s’agit d’un prêtre, lèse gravement l’unité substantielle du Rite romain, sur laquelle il faut pourtant veiller sans relâche.[28] Des actes de ce genre ne constituent absolument pas une réponse valable à la faim et à la soif du Dieu vivant, dont le peuple de notre époque fait l’expérience; de même, ils n’ont rien de commun avec le zèle pastoral authentique ou le véritable renouveau liturgique, mais ils ont plutôt pour conséquence de priver les fidèles de leur patrimoine et de leur héritage. En effet, ces actes arbitraires ne favorisent pas le véritable renouveau,[29] mais ils lèsent gravement le droit authentique des fidèles de disposer d’une action liturgique, qui exprime la vie de l’Église selon sa tradition et sa discipline. De plus, ils introduisent des éléments d’altération et de discorde dans la célébration de l’Eucharistie elle-même, alors que cette dernière, par nature et d’une manière éminente, a pour but de signifier et de réaliser admirablement la communion de la vie divine et l’unité du peuple de Dieu.[30] Ces actes provoquent l’incertitude doctrinale, le doute et le scandale dans le peuple de Dieu, et aussi, presque inévitablement, des oppositions violentes, qui troublent et attristent profondément de nombreux fidèles, alors qu’à notre époque, la vie chrétienne est souvent particulièrement difficile en raison du climat de «sécularisation».[31]

– 12 – En revanche, tous les fidèles du Christ disposent du droit de bénéficier d’une véritable liturgie – et cela vaut tout particulièrement pour la célébration de la sainte Messe – qui soit conforme à ce que l’Église a voulu et établi, c’est-à-dire telle qu’elle est prescrite dans les livres liturgiques et dans les autres lois et normes. De même, le peuple catholique a le droit d’obtenir que le Sacrifice de la sainte Messe soit célébré sans subir d’altération d’aucune sorte, en pleine conformité avec la doctrine du Magistère de l’Église. Enfin, la communauté catholique a le droit d’obtenir que la très sainte Eucharistie soit célébrée de telle manière que celle-ci apparaisse vraiment comme le sacrement de l’unité, en excluant complètement toutes sortes de défauts et d’attitudes, qui pourraient susciter des divisions et la formation de groupes dissidents dans l’Église.[32]

-13 – L’ensemble des normes et des rappels exposés dans la présente Instruction se rattachent, selon des modes différents, au devoir de l’Église, à qui il revient de veiller sur la célébration conforme et digne de ce grand mystère. Le dernier chapitre de la présente Instruction expose les divers degrés, par lesquels les normes singulières se relient à la loi suprême de tout le droit ecclésiastique, qui est le soin du salut des âmes.[33]

Chapitre I

LE GOUVERNEMENT DE LA SAINTE LITURGIE

– 14 – «Le gouvernement de la sainte Liturgie dépend uniquement de l’autorité de l’Église: il appartient au Siège Apostolique et, dans les règles du droit, à l’Évêque».[34]

– 15 – Le Pontife Romain, «Vicaire du Christ et Pasteur de l’Église tout entière sur cette terre, possède dans l’Église, en vertu de sa charge, le pouvoir ordinaire, suprême, plénier, immédiat et universel qu’il peut toujours exercer librement»,[35] notamment en communiquant avec les pasteurs et les fidèles.

– 16 – Il revient au Siège Apostolique d’organiser la sainte Liturgie de l’Église universelle, d’éditer les livres liturgiques, de reconnaître leurs traductions en langues vernaculaires et de veiller à ce que les règles liturgiques soient fidèlement observées partout, spécialement celles qui réglementent la célébration du Saint Sacrifice de la Messe.[36]

– 17 – La Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements «s’occupe, demeurant sauve la compétence de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, de tout ce qui appartient au Siège Apostolique en matière de réglementation et de promotion de la Liturgie sacrée, et tout d’abord des sacrements. Elle favorise et veille sur la discipline des sacrements, spécialement quant à la validité et à la licéité de leur célébration». Enfin, «elle exerce une vigilance attentive afin que soient observées exactement les dispositions liturgiques, que soient empêchés les abus en ce domaine, et qu’il y soit mis fin là où ils sont découverts».[37] Dans ce domaine, selon la tradition de toute l’Église, une attention particulière est accordée à la célébration de la sainte Messe, et au culte qui est rendu à la très sainte Eucharistie, également en dehors de la Messe.

– 18 – Les fidèles ont le droit d’obtenir que l’autorité ecclésiastique gouverne la sainte Liturgie totalement et d’une manière efficace, afin que celle-ci n’apparaisse jamais comme «la propriété privée de quelqu’un, ni du célébrant, ni de la communauté dans laquelle les Mystères sont célébrés».[38]

1. L’ÉVÊQUE DIOCÉSAIN, GRAND PRÊTRE DE SON TROUPEAU

– 19 – L’Évêque diocésain, premier dispensateur les Mystères de Dieu dans l’Église particulière qui lui est confiée, est l’organisateur, le promoteur et le gardien de toute la vie liturgique.[39] En effet, «l’Évêque, revêtu de la plénitude du sacrement de l’Ordre, porte la “responsabilité de dispenser la grâce du suprême sacerdoce”,[40] en particulier dans l’Eucharistie qu’il offre lui-même ou dont il assure l’oblation,[41] et d’où vient à l’Église continuellement vie et croissance».[42]

– 20 – La principale manifestation de l’Église se réalise chaque fois que les Messes solennelles sont célébrées, principalement dans l’église cathédrale, «avec la participation plénière et active de tout le saint peuple de Dieu, […] dans une seule prière, auprès de l’autel unique où préside l’Évêque» entouré de son presbyterium, des diacres et des autres ministres.[43] De plus, «toute célébration légitime de l’Eucharistie est dirigée par l’Évêque, à qui a été confiée la charge de présenter à la Majesté divine le culte de la religion chrétienne et de le régler selon les préceptes du Seigneur et selon les lois de l’Église, auxquelles il apporte pour son diocèse, par son jugement particulier, les déterminations ultérieures».[44]

– 21 – En effet, il appartient à l’Évêque «diocésain, en matière liturgique, de porter, pour l’Église qui lui est confiée et dans les limites de sa compétence, des règles auxquelles tous sont tenus».[45]Cependant, l’Évêque doit constamment veiller à ce que ne soit pas enlevée la liberté, qui est prévue par les normes des livres liturgiques, d’adapter, d’une manière judicieuse, la célébration à l’édifice sacré, ou au groupe de fidèles, ou bien aux circonstances pastorales, de telle sorte que le rite sacré tout entier soit réellement adapté à la mentalité des personnes.[46]

– 22 – L’Évêque dirige l’Église particulière, qui lui est confiée,[47] et il lui appartient de régler, diriger, stimuler, parfois même de reprendre,[48] en exerçant la charge sacrée qu’il a reçue par l’ordination épiscopale,[49] pour édifier son troupeau dans la vérité et dans la sainteté.[50] Il a le devoir d’expliquer le véritable sens des rites et des textes liturgiques, et c’est à lui que revient la charge de nourrir les prêtres, les diacres et les fidèles laïcs de l’esprit de la sainte Liturgie,[51] pour qu’ils soient tous conduits à une célébration active et fructueuse de l’Eucharistie.[52] Enfin, l’Évêque doit également veiller à ce que le corps entier de l’Église puisse progresser, unanimement, dans l’unité de la charité sur les plans diocésain, national et universel.[53]

– 23 – Les fidèles «doivent s’attacher à leur Évêque comme l’Église à Jésus-Christ et comme Jésus-Christ à son Père, afin que toutes choses convergent dans l’unité et soient fécondes pour la gloire de Dieu».[54] Tous, y compris les membres des Instituts de vie consacrée et des Sociétés de vie apostolique, de même que les associations ou les mouvements ecclésiaux, quels qu’ils soient, sont soumis à l’autorité de l’Évêque diocésain pour tout ce qui concerne la Liturgie,[55] hormis les droits qui leur ont été légitimement concédés. L’Évêque diocésain a donc le droit et le devoir d’exercer une surveillance attentive sur la liturgie et, à ce titre, de visiter les églises et les oratoires, situés sur son territoire, y compris ceux qui sont fondés ou dirigés par des membres des instituts précités, si les fidèles y ont habituellement accès.[56]

– 24 – Pour sa part, le peuple chrétien a le droit d’obtenir que l’Évêque diocésain veille à ce que des abus ne se glissent pas dans la discipline ecclésiastique, surtout en ce qui concerne le ministère de la parole, la célébration des sacrements et des sacramentaux, le culte de Dieu et des saints.[57]

– 25 – Les commissions, les conseils, ou les comités institués par l’Évêque, dans le but de «promouvoir l’action liturgique, ainsi que la musique et l’art sacrés dans son diocèse», doivent agir en se conformant à la pensée et aux normes de l’Évêque, et ils doivent pouvoir compter sur son autorité et son approbation pour exercer convenablement leurs propres fonctions,[58] et afin que soit garantie l’autorité effective de l’Évêque dans son diocèse. Au sujet de tous ces groupes, des autres instituts, et de tous ceux qui, en général, prennent des initiatives dans le domaine liturgique, il est urgent que les Évêques cherchent à savoir si leurs activités ont été fructueuses jusqu’à maintenant,[59] et qu’ils discernent avec attention quelles sont les corrections ou les améliorations qui doivent être introduites dans leurs structures et leurs activités,[60] pour qu’ils acquièrent une nouvelle vigueur. Il faut toujours se rappeler que les experts doivent être choisis parmi des personnes faisant preuve de solidité dans la foi catholique et bien préparées dans les domaines théologique et culturel.

2. LA CONFÉRENCE DES ÉVÊQUES

– 26 – Ce qui est affirmé précédemment vaut également pour ces commissions liturgiques, qui, à la demande du Concile,[61] ont été instituées par la Conférence des Évêques. Les membres de ces commissions doivent être des Évêques, qu’il faut nettement distinguer des experts qui leur apportent leur concours. Au cas où le nombre des membres d’une Conférence des Évêques est insuffisant, et rend par conséquent difficile l’élection ou l’institution d’une commission liturgique, il faut nommer un conseil ou un groupe d’experts qui doit toujours être placé sous la présidence d’un Évêque; tout en s’acquittant au mieux de sa charge, ce conseil ou ce groupe doit toutefois éviter de porter le nom de: “commission liturgique”.

– 27- Depuis 1970,[62] le Siège Apostolique a fait savoir que toutes les expérimentations liturgiques relatives à la célébration de la sainte Messe, doivent cesser, et il a réitéré cette interdiction en 1988.[63] Par conséquent, chaque Évêque en particulier, de même que les Conférences des Évêques, n’ont en aucun cas la faculté de permettre des expérimentations concernant les textes liturgiques et les autres choses, qui sont prescrites dans les livres liturgiques. Pour pouvoir faire des expérimentations de ce genre à l’avenir, il sera nécessaire d’obtenir l’autorisation de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements; celle-ci l’accordera par écrit, à la demande des Conférences des Évêques. Une telle concession ne sera accordée que pour une cause grave. En ce qui concerne les projets d’inculturation dans le domaine de la liturgie, il faut observer strictement et intégralement les normes particulières établies à ce sujet.[64]

– 28 – Toutes les normes relatives à la liturgie, établies par une Conférence des Évêques, selon les normes du droit, pour son propre territoire, doivent être soumises à la recognitio de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements, sans laquelle elles n’ont aucun caractère d’obligation.[65]

3. LES PRÊTRES

– 29 – Les prêtres, coopérateurs loyaux, avisés et nécessaires de l’ordre épiscopal,[66] sont appelés à servir le peuple de Dieu, et constituent avec leur Évêque un seul presbyterium[67] aux fonctions diverses. «En chaque lieu où se trouve une communauté de fidèles, ils rendent d’une certaine façon présent l’Évêque auquel ils sont associés d’un cœur confiant et généreux, assumant pour leur part ses charges et sa sollicitude, et les mettant en œuvre dans leur souci quotidien des fidèles». Et «en raison de cette participation au sacerdoce et à la mission de leur Évêque, les prêtres doivent reconnaître en lui leur père et lui obéir respectueusement».[68] De plus, «sans cesse tendus vers ce qui est le bien des fils de Dieu, ils doivent mettre leur zèle à contribuer à l’œuvre pastorale du diocèse entier, bien mieux, de toute l’Église».[69]

– 30 – «Dans la célébration eucharistique», la grande responsabilité incombe «surtout aux prêtres, auxquels il revient de la présider in persona Christi, assurant un témoignage et un service de la communion non seulement pour la communauté qui participe directement à la célébration, mais aussi pour l’Église universelle, qui est toujours concernée par l’Eucharistie. Il faut malheureusement déplorer que, surtout à partir des années de la réforme post-conciliaire, en raison d’un sens mal compris de la créativité et de l’adaptation, les abus n’ont pas manqué, et ils ont été des motifs de souffrance pour beaucoup».[70]

– 31 – En se conformant à l’engagement pris dans le rite de la sainte Ordination, qui est renouvelé chaque année pendant la Messe Chrismale, les prêtres doivent célébrer «pieusement et fidèlement les mystères du Christ, tout spécialement dans le Sacrifice Eucharistique et le sacrement de la réconciliation, selon la tradition de l’Église, pour la louange de Dieu et la sanctification du peuple chrétien».[71] Ainsi, ils ne doivent pas évacuer la signification profonde de leur propre ministère, en défigurant d’une manière arbitraire la célébration liturgique par des changements, des omissions ou des ajouts.[72] En effet, comme le dit saint Ambroise: «L’Église n’est pas blessée en soi, [ … ] mais en nous. Ainsi, prenons garde de ne pas infliger des blessures à l’Église par notre faute».[73] Il faut donc être attentif à ce que l’Église de Dieu ne soit pas blessée par les prêtres, qui se sont offerts eux-mêmes au ministère d’une manière aussi solennelle. Au contraire, ceux-ci doivent veiller fidèlement, sous l’autorité de l’Évêque, à ce que des actes de ce genre, qui défigurent la liturgie, ne soient pas commis par d’autres.

– 32 – «Le curé veillera à ce que la très sainte Eucharistie soit le centre de l’assemblée paroissiale des fidèles; il s’efforcera à ce que les fidèles soient conduits et nourris par la pieuse célébration des sacrements et en particulier qu’ils s’approchent fréquemment des sacrements de la très sainte Eucharistie et de la pénitence; il s’efforcera aussi de les amener à prier, même en famille, et de les faire participer consciemment et activement à la sainte liturgie que, lui, curé, sous l’autorité de l’Évêque diocésain, doit diriger dans sa paroisse, et dans laquelle il doit veiller à ce que ne se glisse aucun abus».[74] Pour préparer d’une manière satisfaisante les célébrations liturgiques, en particulier la sainte Messe, il convient que le curé se fasse aider par différents fidèles; toutefois, il ne doit en aucun cas leur céder ce qui relève en propre de son office en matière liturgique.

– 33 – Enfin, tous «les prêtres doivent veiller à cultiver comme il se doit la science et l’art liturgiques, pour que leur ministère liturgique permette aux communautés chrétiennes qui leur sont confiées de louer toujours plus parfaitement Dieu le Père, le Fils et le Saint-Esprit».[75] Surtout, ils doivent être pénétrés par ces sentiments d’admiration et d’émerveillement, que le mystère pascal, célébré dans l’Eucharistie, fait naître dans les cœurs des fidèles.[76]

4. LES DIACRES

– 34 – Les diacres, «auxquels on a imposé les mains non pas en vue du sacerdoce mais du service»,[77] doivent être des hommes de bonne réputation,[78] et ils doivent se conduire de telle manière que, avec l’aide de Dieu, ils soient reconnus comme de vrais disciples de celui,[79] «qui n’est pas venu pour être servi, mais pour servir»,[80] et qui fut au milieu de ses disciples «comme celui qui sert».[81] De plus, les diacres sont fortifiés par le don de l’Esprit Saint reçu par l’imposition des mains, pour servir le peuple de Dieu, en communion avec l’Évêque et son presbyterium.[82] C’est pourquoi ils doivent considérer l’Évêque comme un père, et doivent lui apporter leur aide, ainsi qu’aux prêtres «dans le ministère de la parole, de l’autel et de la charité».[83]

– 35 – Ils ne doivent jamais omettre «comme dit l’Apôtre, de garder le mystère de la foi dans une conscience pure,[84] et de proclamer cette foi par leurs paroles et par leurs actes, fidèles à l’Évangile et à la tradition de l’Église»,[85] en servant de tout leur cœur, fidèlement et avec humilité, la sainte Liturgie comme la source et le sommet de la vie de l’Église, «afin que tous, devenus enfants de Dieu par la foi et le baptême, se rassemblent, louent Dieu au milieu de l’Église, participent au Sacrifice et mangent la Cène du Seigneur».[86] Tous les diacres ont donc l’obligation, chacun pour leur part, de faire en sorte que la sainte Liturgie soit célébrée en suivant les normes contenues dans les livres liturgiques dûment approuvés.

Chapitre II

LA PARTICIPATION DES FIDÈLES LAÏCS
À LA CÉLÉBRATION DE L’EUCHARISTIE

1. UNE PARTICIPATION ACTIVE ET CONSCIENTE

– 36 – La célébration de la Messe, en tant qu’action du Christ et de l’Église, est le centre de toute la vie chrétienne pour l’Église aussi bien universelle que particulière, et pour chacun des fidèles,[87]«qu’elle atteint de façon diverse, selon la diversité des ordres, des fonctions et de leur participation effective.[88] De cette manière, le peuple chrétien, “race élue, sacerdoce royal, nation sainte, peuple racheté”[89] manifeste sa cohésion et son organisation hiérarchique».[90] «Le sacerdoce commun des fidèles et le sacerdoce ministériel ou hiérarchique, bien qu’il y ait entre eux une différence essentielle et non seulement de degré, sont cependant ordonnés l’un à l’autre; l’un et l’autre, en effet, chacun selon son mode propre, participent de l’unique sacerdoce du Christ».[91]

– 37 – Par le baptême, tous les fidèles du Christ sont libérés de leurs péchés et incorporés dans l’Église; ils sont donc députés, par le caractère imprimé en eux par le baptême, au culte de la religion chrétienne,[92] pour que en vertu de leur sacerdoce royal,[93] en persévérant dans la prière et en louant Dieu,[94] ils offrent leurs personnes en hostie vivante, sainte, agréable à Dieu, confirmant une telle offrande par toutes leurs œuvres.[95] Ils rendent témoignage au Christ partout dans le monde, et, devant tous ceux qui le leur demandent, ils n’hésitent pas à rendre compte de l’espérance de la vie éternelle qui est en eux.[96] Par conséquent, même la participation des fidèles laïcs à la célébration de l’Eucharistie et des autres rites de l’Église ne peut pas équivaloir à une simple présence, qui plus est passive, mais elle doit être considérée comme un véritable exercice de la foi et de la dignité baptismale.

– 38 – La doctrine constante de l’Église sur la nature, non seulement conviviale, mais aussi et avant tout sacrificielle de l’Eucharistie doit être à juste titre considérée comme l’une des principales clefs de la pleine participation de tous les fidèles à un si grand Sacrement.[97] «Privé de sa valeur sacrificielle, le Mystère eucharistique est considéré comme s’il n’allait pas au-delà du sens et de la valeur d’une rencontre conviviale et fraternelle».[98]

– 39 – Pour promouvoir et manifester la participation active des fidèles, le renouveau récent des livres liturgiques a favorisé, selon les intentions du Concile, les acclamations du peuple, les réponses, la psalmodie, les antiennes, les chants, de même que les actions ou les gestes, et les attitudes corporelles, et il a pris soin de faire observer en temps voulu le silence sacré, en prévoyant aussi, dans les rubriques, les parties qui reviennent aux fidèles.[99] De plus, un large espace est laissé à une liberté d’adaptation opportune, qui est fondée sur le principe que chaque célébration doit être adaptée aux besoins des participants, ainsi qu’à leur capacité, leur préparation intérieure et leur génie propre, selon les facultés établies par les normes liturgiques. Dans chaque célébration, il existe d’amples possibilités d’introduire une certaine variété dans le choix des chants, des mélodies, des oraisons et des lectures bibliques, ainsi que dans le cadre de l’homélie, dans la préparation de la prière des fidèles, dans les monitions qui sont parfois prononcées, et dans l’ornementation de l’église en fonction des temps liturgiques. Ces éléments doivent contribuer à mettre en évidence plus clairement les richesses de la tradition liturgique, et, tout en tenant compte des nécessités pastorales, à conférer avec soin une connotation particulière à la célébration, dans le but de favoriser la participation intérieure. Cependant, il faut se souvenir que l’efficacité des actions liturgiques ne réside pas dans les changements fréquents des rites, mais en vérité dans l’approfondissement de la parole de Dieu et du mystère célébré.[100]

– 40 – Cependant, bien qu’il soit incontestable que la célébration de la liturgie se caractérise par la participation active de tous les fidèles, il ne s’ensuit pas pour autant qu’il soit nécessaire que tous doivent, au sens matériel, faire autre chose que les gestes et les attitudes corporelles, qui sont prévus, comme si chacun devait nécessairement assumer une fonction spécifique dans le domaine liturgique. Il faut plutôt faire en sorte que la formation catéchétique veille attentivement à corriger les notions et les pratiques superficielles qui se sont diffusées à ce propos dans certains lieux, au cours des dernières années, et qu’elle prenne soin de raviver sans cesse chez les fidèles un sens rénové de profonde admiration envers le caractère sublime de ce mystère de foi, qu’est l’Eucharistie. De fait, en célébrant l’Eucharistie, l’Église passe sans cesse «de ce qui est ancien vers ce qui est nouveau».[101] En effet, dans la célébration de l’Eucharistie, de même que dans toute la vie chrétienne, qui y puise sa force et qui tend vers elle, l’Église, comme l’Apôtre saint Thomas, se prosterne, adorant le Seigneur crucifié, mort, enseveli et ressuscité «dans la plénitude de sa splendeur divine, et elle s’exclame en permanence: “mon Seigneur et mon Dieu !”».[102]

– 41 – Pour susciter, promouvoir et faire grandir ce sens intérieur de la participation liturgique, la célébration assidue et prolongée de la Liturgie des Heures s’avère très utile, de même que l’usage des sacramentaux et les exercices de la piété populaire chrétienne. Ces pratiques de piété, «qui, bien que ne relevant pas en droit strict de la sainte Liturgie, revêtent une particulière dignité et importance», sont à conserver du fait de leur lien avec l’organisation liturgique, surtout lorsqu’elles jouissent des approbations et des louanges du Magistère lui-même;[103] cela vaut en particulier pour la prière mariale du Rosaire.[104] De plus, puisque ces pratiques de piété conduisent le peuple chrétien à la fréquentation des sacrements, en particulier de l’Eucharistie, «comme à la méditation des mystères de notre Rédemption ou à l’imitation des grands exemples des saints, ils contribuent par cela même, non sans fruits salutaires, à nous rendre participants du culte liturgique».[105]

– 42 – Il est nécessaire de reconnaître que l’Église ne se forme pas par une décision humaine, mais qu’elle est convoquée par Dieu dans l’Esprit Saint et qu’elle répond par la foi à son appel gratuit: en effet, le mot ekklesia est en rapport avec klesis , qui signifie “appel”.[106] On ne peut donc pas considérer le Sacrifice eucharistique dans le sens univoque de «concélébration» du prêtre avec le peuple qui est présent.[107] Au contraire, l’Eucharistie célébrée par les prêtres est un don «qui dépasse radicalement le pouvoir de l’assemblée [ … ]. Pour être véritablement une assemblée eucharistique, la communauté qui se réunit pour la célébration de l’Eucharistie a absolument besoin d’un prêtre ordonné qui la préside. D’autre part, la communauté n’est pas en mesure de se donner à elle-même son ministre ordonné».[108] Il est nécessaire et urgent de tout mettre en œuvre pour écarter toute ambiguïté dans ce domaine, et apporter un remède aux difficultés qui ont surgi ces dernières années. Ainsi, il ne faut employer qu’avec prudence des expressions telles que «communauté célébrante» ou «assemblée célébrante», qui sont traduites dans d’autres langues modernes par «celebrating assembly», «asamblea celebrante», «assemblea celebrante», et d’autres de ce genre.

2. LES FONCTIONS DES FIDÈLES LAÏCS DANS LA CÉLÉBRATION DE LA SAINTE MESSE

– 43 – Pour le bien de la communauté et de toute l’Église de Dieu, il est juste et louable que, parmi les fidèles laïcs, quelques-uns exercent, selon la tradition, certaines fonctions dans le cadre de la célébration de la sainte Liturgie.[109] Il convient que plusieurs personnes se répartissent entre elles les diverses fonctions à accomplir, ou les différentes parties d’une même fonction.[110]

– 44 – En plus des ministères institués de l’acolytat et du lectorat,[111] parmi les fonctions particulières, mentionnées ci-dessus, les plus importantes sont celles de l’acolyte[112] et du lecteur[113], députés à titre temporaire, auxquelles s’ajoutent les autres fonctions qui sont décrites dans le Missel Romain[114], et aussi les fonctions de préparer les hosties, de laver les linges liturgiques, et d’autres semblables. Pour que la liturgie de l’Église se déroule d’une manière digne et convenable, tous, «ministres ordonnés ou fidèles laïcs, en accomplissant leur ministère ou leur fonction, doivent faire tout ce qui leur revient, et cela seulement»,[115] autant dans la célébration liturgique elle-même que dans sa préparation.

– 45 – Il faut éviter le danger d’obscurcir la complémentarité entre l’action des clercs et celle des laïcs, afin que le rôle des laïcs ne subisse pas, comme on dit, une sorte de «cléricalisation», et que, de leur côté, les ministres sacrés n’assument pas indûment ce qui relève en propre de la vie et de l’action des fidèles laïcs.[116]

– 46 – Le fidèle laïc, appelé à prêter son concours dans les célébrations liturgiques, doit être dûment préparé, et se recommander par sa vie chrétienne, sa foi, sa conduite morale et sa fidélité envers le Magistère de l’Église. Il convient qu’il ait reçu une formation liturgique adaptée à son âge, sa condition, son genre de vie et son degré de culture religieuse.[117] On ne choisira personne dont la désignation puisse provoquer l’étonnement des fidèles.[118]

– 47 – Il est tout à fait louable que se maintienne la coutume insigne que soient présents des enfants ou des jeunes – dénommés habituellement «servants d’autel» ou «enfants de chœur» – qui servent à l’autel comme acolytes, et reçoivent, selon leurs capacités, une catéchèse utile, adaptée à leur service.[119] On ne doit pas oublier que, du nombre de ces enfants, qui servent à l’autel, a surgi, au long des siècles, une multitude de ministres sacrés.[120] Afin de pourvoir plus efficacement aux besoins pastoraux de ces servants d’autel, il est nécessaire d’instituer et de promouvoir pour eux des associations, en faisant même appel à la participation et à l’aide de leurs parents. Quand des associations de ce genre acquièrent une dimension internationale, il revient à la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements de les ériger, ou d’approuver et de reconnaître leurs statuts.[121] Les filles ou les femmes peuvent être admises à ce service de l’autel, au jugement de l’Évêque diocésain; dans ce cas, il faut suivre les normes établies à ce sujet.[122]

Chapitre III

LA CÉLÉBRATION CORRECTE DE LA SAINTE MESSE

1. LA MATIÈRE DE LA TRÈS SAINTE EUCHARISTIE

– 48 – Le saint Sacrifice eucharistique doit être célébré avec du pain azyme, de pur froment et confectionné récemment en sorte qu’il n’y ait aucun risque de corruption.[123] Par conséquent, le pain fabriqué avec une autre matière, même s’il s’agit d’une céréale, ou le pain, auquel on a ajouté une autre matière que le froment, dans une quantité tellement importante que, selon l’opinion commune, on ne peut pas le considérer comme du pain de froment, ne constitue pas la matière valide de la célébration du Sacrifice et du Sacrement de l’Eucharistie.[124] Le fait d’introduire d’autres substances dans la fabrication du pain destiné à l’Eucharistie, telles que des fruits, du sucre ou du miel, constitue un grave abus. Il est évident que les hosties doivent être fabriquées par des personnes qui, non seulement se distinguent par leur intégrité, mais encore sont compétentes dans ce domaine, et emploient les instruments appropriés.[125]

– 49 – En raison du signe qui est exprimé, il convient que certaines parties du pain eucharistique, obtenues au moment de sa fraction, soient distribuées au moins à quelques fidèles au moment de la Communion. «Cependant, on n’exclut aucunement les petites hosties quand le nombre des communiants et d’autres motifs pastoraux exigent leur emploi»,[126] et bien plus, il est d’usage d’avoir recours pour une grande part à des petites hosties, qui ne requièrent pas de fraction ultérieure.

– 50 – Le saint Sacrifice eucharistique doit être célébré avec du vin naturel de raisins, pur et non corrompu, sans mélange de substances étrangères.[127] Durant la célébration de la Messe elle-même, on doit ajouter un peu d’eau au vin. Il faut prendre soin de conserver en parfait état le vin destiné à l’Eucharistie, et de veiller à ce qu’il ne s’aigrisse pas.[128] Il est absolument interdit d’utiliser du vin dont l’authenticité et la provenance seraient douteuses: en effet, l’Église exige la certitude au sujet des conditions nécessaires pour la validité des sacrements. Aucun prétexte ne peut justifier le recours à d’autres boissons, quelles qu’elles soient, qui ne constituent pas une matière valide.

2. LA PRIÈRE EUCHARISTIQUE

– 51 – On doit utiliser seulement les Prières eucharistiques contenues dans le Missel Romain ou légitimement approuvées par le Siège Apostolique, selon les modalités et dans les limites qu’il a fixées. «On ne peut tolérer que certains prêtres s’arrogent le droit de composer des Prières eucharistiques»[129] ou qu’ils modifient le texte approuvé par l’Église, ou encore qu’ils adoptent d’autres Prières eucharistiques, dues à la composition privée.[130]

– 52 – La proclamation de la Prière eucharistique, qui, par nature, est le sommet de toute la célébration, est réservée au prêtre en vertu de son ordination. Ainsi, c’est un abus de faire dire certaines parties de la Prière eucharistique par un diacre, par un ministre laïc, ou bien par un fidèle ou par tous les fidèles ensemble. C’est pourquoi la Prière eucharistique doit être dite entièrement par le prêtre, et par lui seul.[131]

– 53 – Pendant que le prêtre célébrant prononce la Prière eucharistique, «il n’y aura pas d’autres prières, ni d’autres chants; de même, l’orgue et les autres instruments de musique resteront silencieux»,[132] à l’exception des acclamations du peuple dûment approuvées, dont il est fait mention ci-après.

– 54 – Cependant, le peuple participe toujours activement, et il n’est donc jamais tout à fait passif: «en effet, le peuple s’associe au prêtre dans la foi et en silence, ainsi que par les interventions établies dans le cours de la Prière eucharistique: les réponses au dialogue de la Préface, le Sanctus,l’acclamation après la consécration et l’acclamation Amen après la doxologie finale, ainsi que les autres acclamations approuvées par la Conférence des Évêques et confirmées par le Saint-Siège».[133]

– 55 – L’abus suivant se répand dans certains lieux: durant la célébration de la sainte Messe, le prêtre rompt l’hostie au moment de la consécration. Un tel abus est contraire à la tradition de l’Église. Il doit être expressément réprouvé et il est très urgent de le corriger.

– 56 – Dans la Prière eucharistique, il ne faut pas omettre de mentionner les noms du Souverain Pontife et de l’Évêque diocésain, afin de respecter une tradition très ancienne et manifester la communion ecclésiale. En effet, «la communion ecclésiale de l’assemblée eucharistique est aussi communion avec son Évêque et avec le Pontife Romain».[134]

2. LES AUTRES PARTIES DE LA MESSE

– 57 – La communauté des fidèles a le droit d’obtenir, surtout dans la célébration dominicale, que, habituellement, la musique sacrée soit idoine et véritable, et que l’autel, les ornements et les linges sacrés resplendissent toujours de dignité, de beauté et de propreté, selon les normes.

– 58 – De même, tous les fidèles ont le droit d’obtenir que la célébration de l’Eucharistie soit préparée avec soin dans toutes ses parties, de manière à ce que la parole de Dieu soit proclamée et expliquée avec dignité et d’une manière efficace, la faculté de choisir les textes liturgiques et les rites soit exercée soigneusement, selon les normes, et que, durant la célébration de la Liturgie, les paroles des chants préservent et alimentent, comme il convient, la foi des fidèles.

– 59 – L’usage suivant, qui est expressément réprouvé, doit cesser: ici ou là, il arrive que les prêtres, les diacres ou les fidèles introduisent, de leur propre initiative, des changements ou des variations dans les textes de la sainte Liturgie, qu’ils sont chargés de prononcer. En effet, cette manière d’agir a pour conséquence de rendre instable la célébration de la sainte Liturgie, et il n’est pas rare qu’elle aille jusqu’à altérer le sens authentique de la Liturgie.

– 60 – Dans la célébration de la Messe, la liturgie de la Parole et la liturgie de l’Eucharistie sont étroitement liées entre elles, et elles forment un seul et même acte de culte. Il n’est donc pas licite de les séparer l’une de l’autre, ni de les célébrer en des temps et des lieux différents.[135] De même, il n’est pas licite de célébrer les diverses parties de la sainte Messe à des moments différents, y compris durant la même journée.

– 61 – En ce qui concerne le choix des lectures bibliques qui doivent être proclamées durant la célébration de la Messe, on doit observer les normes, qui sont contenues dans les livres liturgiques,[136] afin que, vraiment, «la table de la parole de Dieu soit présentée aux fidèles avec plus de richesse, et que leur soit ouverts plus largement les trésors bibliques».[137]

– 62 – Il n’est pas licite d’omettre ou de changer arbitrairement les lectures bibliques qui sont prescrites, ni surtout de remplacer «les lectures et le psaume responsorial, qui contiennent la parole de Dieu, par d’autres textes choisis hors de la Bible».[138]

– 63 – Dans la célébration de la sainte Liturgie, la lecture de l’Évangile, qui «constitue le sommet de la liturgie de la Parole»,[139] est réservée, selon la tradition de l’Église, au ministre ordonné.[140] Il n’est donc pas licite qu’un laïc, y compris un religieux, proclame l’Évangile durant la célébration de la sainte Messe, ni dans tous les autres cas, où les normes n’accordent pas explicitement une telle autorisation.[141]

– 64 – L’homélie, qui est prononcée au cours de la célébration de la sainte Messe et fait partie de la liturgie elle-même,[142] «est faite habituellement par le prêtre célébrant lui-même ou par un prêtre concélébrant à qui il l’aura demandé, ou parfois, si cela est opportun, aussi par le diacre, mais jamais par un laïc.[143] Dans des cas particuliers et pour une juste cause, l’homélie peut être faite aussi par un Évêque ou un prêtre participant à la concélébration, même s’il ne peut pas concélébrer».[144]

– 65 – Il est rappelé qu’il faut tenir pour abrogée par le can. 767 § 1 toute norme antérieure qui aurait autorisé des fidèles non-ordonnés à prononcer l’homélie durant la célébration de l’Eucharistie.[145] En effet, une telle permission doit être expressément réprouvée, et aucune coutume ne peut justifier qu’elle soit accordée.

– 66 – L’interdiction adressée aux laïcs de prêcher durant la célébration de la Messe concerne aussi les séminaristes, les étudiants en théologie, tous ceux qui exercent la fonction d’ «assistants pastoraux», et n’importe quel type de groupe, mouvement, communauté ou association de laïcs.[146]

– 67 – En particulier, il faut veiller attentivement à ce que l’homélie se concentre strictement sur le mystère du salut, en exposant, au long de l’année liturgique, à partir des lectures bibliques et des textes liturgiques, les mystères de la foi et les normes de la vie chrétienne, et en offrant un commentaire des textes de l’Ordinaire ou du Propre de la Messe, ou encore d’un autre rite de l’Église.[147] Il est évident que toutes les interprétations de la Sainte Écriture doivent conduire au Christ, en tant que pivot suprême de l’économie du salut; toutefois, cela doit se faire en tenant compte aussi du contexte spécifique de la célébration liturgique. Celui qui prononce l’homélie doit veiller à projeter la lumière du Christ sur les événements de la vie. Il ne doit pas pour autant priver la parole de Dieu de son sens authentique et véritable, par exemple, en se référant uniquement à des considérations d’ordre politique ou à des arguments profanes, ou en s’inspirant de notions empruntées à des mouvements pseudo-religieux répandus à notre époque.[148]

– 68 – L’Évêque diocésain doit exercer sa vigilance sur l’homélie[149] en adressant aussi des normes, des orientations et des aides aux ministres sacrés, ainsi qu’en promouvant des rencontres et d’autres initiatives appropriées, afin de leur donner souvent l’occasion de réfléchir, avec une plus grande attention, sur la nature de l’homélie, et pour les aider dans sa préparation.

– 69 – Durant la sainte Messe, tout comme dans les autres célébrations de la sainte Liturgie, il n’est pas permis d’utiliser un Symbole ou une Profession de foi qui ne se trouve pas dans les livres liturgiques dûment approuvés.

– 70 – Les offrandes que les fidèles ont l’habitude de présenter pendant la sainte Messe pour la Liturgie eucharistique, ne se réduisent pas nécessairement au pain et au vin, qui sont destinés à la célébration de l’Eucharistie, mais elles peuvent comprendre aussi d’autres dons, qui sont apportés par les fidèles, c’est-à-dire de l’argent ou d’autres biens servant à exercer la charité envers les pauvres. Cependant, les offrandes concrètes doivent toujours être l’expression visible du vrai don, que le Seigneur attend de nous: un cœur contrit, et l’amour de Dieu et du prochain, qui nous rend conformes au sacrifice du Christ, qui s’est livré lui-même pour nous. En effet, c’est dans l’Eucharistie que resplendit au plus haut point ce mystère de la charité, que Jésus-Christ a manifesté durant la Cène, en lavant les pieds de ses disciples. Toutefois, afin de sauvegarder la dignité de la sainte Liturgie, il faut que les offrandes concrètes soient présentées d’une manière convenable. C’est pourquoi l’argent, ainsi que les autres dons destinés aux pauvres, doivent être déposés à un endroit approprié, hors de la table eucharistique.[150] Mis à part l’argent et, là où le cas se présente, une petite partie des autres dons comme signe d’autres bienfaits plus importants, il est préférable de présenter ces offrandes en dehors de la célébration de la Messe.

– 71 – Il faut maintenir l’usage du Rite romain de transmettre la paix un peu avant la distribution de la sainte Communion, comme le prévoit le Rite de la Messe. En effet, selon la tradition du Rite romain, cet usage n’a pas une connotation de réconciliation, ni de rémission des péchés, mais il a plutôt pour but de manifester la paix, la communion et la charité, avant de recevoir la très sainte Eucharistie.[151] En revanche, l’acte pénitentiel du début de la Messe, particulièrement s’il est accompli selon la première forme, comporte ce caractère d’exprimer la réconciliation entre les frères.

– 72 – Il convient «que chacun souhaite la paix de manière sobre et seulement à ceux qui l’entourent». «Le prêtre peut donner la paix aux ministres, en restant cependant dans le sanctuaire, pour ne pas troubler la célébration. Il fera de même s’il veut, pour une juste cause, donner la paix à quelques fidèles». «En ce qui concerne le signe de la paix à transmettre, son mode est établi par les Conférences des Évêques, selon les mentalités, les us et coutumes des différents peuples», et confirmé par le Siège Apostolique.[152]

– 73 – Dans la célébration de la sainte Messe, la fraction du pain eucharistique commence après l’échange de la paix, pendant que l’on dit l’Agnus Dei; elle est accomplie seulement par le prêtre célébrant, et, si le cas se présente, avec l’aide d’un diacre ou d’un concélébrant, mais jamais d’un laïc. En effet, le geste de la fraction du pain «accompli par le Christ à la dernière Cène et qui, depuis l’âge apostolique, a donné son nom à toute l’action eucharistique, signifie que les multiples fidèles, dans la Communion à l’unique pain de vie, qui est le Christ, mort et ressuscité pour le salut du monde, deviennent un seul corps (1 Co 10, 17)».[153] C’est pourquoi il faut accomplir ce rite avec le plus grand respect.[154] Cependant, sa durée doit être brève. Il est très urgent de corriger l’abus, qui se répand dans certains lieux, de prolonger ce rite sans nécessité, y compris avec l’aide de laïcs, contrairement aux normes, et de lui attribuer une importance exagérée.[155]

– 74 – S’il apparaît nécessaire qu’un laïc transmette des informations ou présente un témoignage de vie chrétienne aux fidèles réunis dans l’église, il est généralement préférable que cela ait lieu en dehors de la Messe. Cependant, pour des raisons graves, il est licite de présenter ce genre d’informations ou de témoignages lorsque le prêtre a fini de prononcer la prière après la Communion. Toutefois, un tel usage ne doit pas devenir une habitude. De plus, ces informations et ces témoignages ne doivent pas revêtir des caractéristiques qui pourraient les faire confondre avec l’homélie,[156] ni être la cause de la suppression totale de l’homélie.

3. L’UNION DES DIVERS RITES AVEC LA CÉLÉBRATION DE LA MESSE

– 75 – Pour une raison théologique inhérente à la célébration de l’Eucharistie ou à un rite particulier, les livres liturgiques prescrivent ou permettent parfois la célébration de la sainte Messe conjointement à un autre rite, en particulier les rites des Sacrements.[157] Cependant, l’Église n’admet pas une telle corrélation dans les autres cas, spécialement en présence de circonstances qui ont un caractère superficiel.

– 76 – De plus, selon la très ancienne tradition de l’Église romaine, il n’est pas licite d’unir le Sacrement de Pénitence à la sainte Messe pour en faire une unique action liturgique. Toutefois, cela n’empêche pas que, pour répondre aux nécessités des fidèles, des prêtres, indépendamment de ceux qui célèbrent ou concélèbrent la sainte Messe, puissent entendre les confessions des fidèles, qui le désirent, simultanément et dans le même lieu où est célébrée la Messe.[158] Cela doit néanmoins se dérouler d’une manière opportune.

– 77 – Il n’est permis en aucun cas de joindre la célébration de la sainte Messe à un dîner ordinaire, ni de l’unir à un repas festif de ce genre. Sauf en cas de grave nécessité, il n’est pas permis de célébrer la Messe sur une table à manger,[159] ou dans un réfectoire, ou dans un lieu qui est utilisé pour un tel usage convivial, ni dans n’importe quel endroit où se trouve de la nourriture, ni que ceux qui participent à la Messe s’assoient à table au cours de la célébration. Si, en cas de grave nécessité, la Messe doit être célébrée dans le même lieu où l’on a prévu ensuite de prendre le repas, il faut prévoir un laps de temps suffisant entre la fin de la Messe et le début du repas, et il est interdit de présenter de la nourriture aux fidèles pendant la célébration de la Messe.

– 78 – Il n’est pas licite d’associer la célébration de la Messe à des réalités de nature politique ou profane, ou encore à des éléments qui ne sont pas entièrement conformes au Magistère de l’Église catholique. De plus, pour ne pas priver l’Eucharistie de sa signification authentique, il faut absolument éviter de célébrer la Messe avec le seul désir d’en faire un spectacle, ou de la célébrer en adoptant le style d’autres cérémonies, spécialement profanes.

– 79 – Enfin, il faut condamner très sévèrement l’abus qui consiste à introduire, dans la célébration de la sainte Messe, des éléments contre les prescriptions des livres liturgiques, qui sont empruntés à des rites d’autres religions.

Chapitre IV

LA SAINTE COMMUNION

1. LES DISPOSITIONS POUR RECEVOIR LA SAINTE COMMUNION

– 80 – Comme cela est mis en évidence dans les différentes parties de la Messe, l’Eucharistie doit être présentée aux fidèles aussi «comme l’antidote qui nous libère de nos fautes quotidiennes et nous préserve des péchés mortels»[160]. L’acte pénitentiel, situé au début de la Messe, a pour but d’aider les participants à se préparer à célébrer dignement les saints mystères;[161] toutefois, « il n’a pas l’efficacité du sacrement de Pénitence »,[162] et il ne peut se substituer au sacrement de Pénitence pour la rémission des péchés graves. Les pasteurs d’âmes doivent veiller attentivement dans la catéchèse à ce que la doctrine chrétienne dans ce domaine soit transmise aux fidèles.

– 81 – De même, la coutume de l’Église affirme qu’il est nécessaire que chacun s’éprouve soi-même,[163] afin que celui qui a conscience d’être en état de péché grave, ne célèbre pas la Messe ni ne communie au Corps du Seigneur, sans avoir recouru auparavant à la confession sacramentelle, à moins qu’il ait un motif grave et qu’il soit dans l’impossibilité de se confesser; dans ce cas, il ne doit pas oublier qu’il est tenu par l’obligation de faire un acte de contrition parfaite, qui inclut la résolution de se confesser au plus tôt.[164]

– 82 – De plus, «l’Église a donné des normes qui visent tout à la fois à favoriser l’accès fréquent et fructueux des fidèles à la Table eucharistique, et à déterminer les conditions objectives dans lesquelles il faut s’abstenir d’administrer la communion».[165]

– 83 – Il est certainement bien préférable que tous ceux qui participent à une célébration de la sainte Messe reçoivent la sainte Communion au cours de cette célébration, à condition qu’ils remplissent les conditions, qui leur permettent de communier. Cependant, il arrive parfois que les fidèles s’approchent de la sainte table en grand nombre et sans le discernement nécessaire. Il est du devoir des pasteurs de corriger un tel abus avec prudence et fermeté.

– 84 – De plus, lorsque la sainte Messe est célébrée pour une grande foule ou, par exemple, dans les grandes villes, il faut veiller à ce que des non-catholiques ou même des non-chrétiens, agissant par ignorance, ne s’approchent pas de la sainte Communion, sans tenir compte du Magistère de l’Église tant au plan doctrinal que disciplinaire. Il revient aux pasteurs d’avertir, au moment opportun, les personnes présentes à la célébration sur la vérité et la discipline, qui doivent être observées strictement.

– 85 – Les ministres catholiques administrent licitement les sacrements aux seuls fidèles catholiques, qui, de même, les reçoivent licitement des seuls ministres catholiques, restant sauves les dispositions des can. 844 §§ 2, 3 et 4, et du can. 861 § 2.[166] De plus, les conditions établies par le can. 844 § 4, auxquelles on ne peut déroger en aucun cas,[167] ne peuvent pas être séparées les unes des autres: il est donc nécessaire que ces dernières soient toujours toutes requises d’une manière simultanée.

– 86 – Il faut inciter instamment les fidèles à recourir au sacrement de pénitence en dehors de la célébration de la Messe, surtout aux heures établies, de telle sorte que ce sacrement leur soit administré paisiblement et pour leur véritable profit, sans qu’ils soient empêchés de participer activement à la Messe. Il faut instruire ceux qui ont l’habitude de communier chaque jour ou très souvent, de l’importance de s’approcher du sacrement de pénitence d’une manière régulière, selon les possibilités de chacun.[168]

– 87 – La première Communion des enfants doit toujours être précédée de la confession sacramentelle et de l’absolution.[169] De plus, la première Communion doit toujours être administrée par un prêtre, et elle ne doit jamais être reçue en dehors de la célébration de la Messe. Sauf dans des cas exceptionnels, il est peu approprié d’administrer la première Communion au cours de la Messe de la Cène du Seigneur du Jeudi Saint. Il est préférable de choisir un autre jour, comme les dimanches de Pâques (du 2ème au 6ème dimanche) ou la solennité du Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ ou les dimanches «per annum», puisque le dimanche est considéré avec raison comme le jour de l’Eucharistie.[170] «Les enfants n’ayant pas encore atteint l’âge de raison», ou ceux que le curé «juge insuffisamment disposés», ne doivent pas être admis à recevoir l’Eucharistie.[171] Toutefois, il peut arriver exceptionnellement qu’un enfant, en dépit de son jeune âge, soit jugé assez mûr pour recevoir le sacrement; dans ce cas, on ne lui refusera pas la première Communion, pourvu qu’il soit suffisamment formé.

2. LA DISTRIBUTION DE LA SAINTE COMMUNION

– 88 – Les fidèles reçoivent normalement la Communion sacramentelle de l’Eucharistie au cours de la Messe et au moment prescrit par le rite même de la célébration, c’est-à-dire immédiatement après la Communion du prêtre célébrant.[172] Il revient au prêtre célébrant de donner la communion, avec, le cas échéant, l’aide des autres prêtres ou des diacres; la Messe elle-même ne doit pas se poursuivre tant que la Communion des fidèles n’est pas achevée. Les ministres extraordinaires peuvent aider le prêtre célébrant, selon les normes du droit, seulement en cas de nécessité.[173]

– 89 – Pour que même par «ces signes, la Communion apparaisse mieux comme la participation au Sacrifice actuellement célébré»,[174] il est préférable que les fidèles puissent la recevoir avec des hosties consacrées au cours de la Messe.[175]

– 90 – «Les fidèles communient à genoux ou debout,

selon ce qu’aura établi la Conférence des Évêques», avec la confirmation du Siège Apostolique. «Toutefois, quand ils communient debout, il est recommandé qu’avant de recevoir le Sacrement ils fassent le geste de respect qui lui est dû, que la Conférence des Évêques aura établi».[176]

– 91 – Au sujet de la distribution de la sainte Communion, il faut se rappeler que «les ministres sacrés ne peuvent refuser les sacrements aux personnes qui les leur demandent opportunément, sont dûment disposées et ne sont pas empêchées par le droit de les recevoir».[177] Ainsi, tout baptisé catholique, qui n’est pas empêché par le droit, doit être admis à recevoir la sainte Communion. Par conséquent, il n’est pas licite de refuser la sainte Communion à un fidèle, pour la simple raison, par exemple, qu’il désire recevoir l’Eucharistie à genoux ou debout.

 

– 92 – Tout fidèle a toujours le droit de recevoir, selon son choix, la sainte communion dans la bouche.[178] Si un communiant désire recevoir le Sacrement dans la main, dans les régions où la Conférence des Évêques le permet, avec la confirmation du Siège Apostolique, on peut lui donner la sainte hostie. Cependant, il faut veiller attentivement dans ce cas à ce que l’hostie soit consommée aussitôt par le communiant devant le ministre, pour que personne ne s’éloigne avec les espèces eucharistiques dans la main.

S’il y a un risque de profanation, la sainte Communion ne doit pas être donnée dans la main des fidèles.[179]

 

– 93 – Il faut maintenir l’usage du plateau pour la Communion des fidèles, afin d’éviter que la sainte hostie, ou quelque fragment, ne tombe à terre.[180]

– 94 – Il n’est pas permis aux fidèles de «prendre eux-mêmes la sainte hostie ou le saint calice, encore moins de se les transmettre de main en main».[181] De plus, à ce sujet, il faut faire cesser l’abus suivant : pendant la Messe de leur mariage, il arrive que les époux se donnent réciproquement la sainte Communion.

– 95 – Le fidèle laïc «qui a déjà reçu la très sainte Eucharistie, peut la recevoir à nouveau le même jour, mais seulement lors d’une célébration eucharistique à laquelle il participe, restant sauves les dispositions du can. 921 § 2».[182]

– 96 – Il arrive que, pendant ou avant la célébration de la sainte Messe, des hosties non consacrées ou d’autres choses comestibles ou non, soient distribués à l’instar de la Communion; il faut réprouver expressément un tel usage, qui est contraire aux prescriptions des livres liturgiques. En effet, il ne s’accorde pas avec la tradition du Rite romain, et il comporte le risque d’introduire la confusion dans l’esprit des fidèles, au sujet de la doctrine eucharistique de l’Église. Si dans certains lieux, du fait d’une concession, il existe la coutume particulière de bénir du pain pour le distribuer après la Messe, il faut donner très soigneusement une catéchèse appropriée sur le sens de ce geste. En revanche, il n’est pas permis d’introduire d’autres usages semblables, et il ne faut jamais utiliser des hosties non consacrées dans un tel but.

3. LA COMMUNION DES PRÊTRES